L’expression des émotions n’est pas l’apanage des enfants

Les émotions sont propres à chacun. Chaque individu a son expression propre aussi bien en termes d’intensité, de durée que de mode d’expression. Nous pouvons repérer des similitudes entre les individus dans l’expression de celles-ci. Ne pas faire de généralité et demander à la personne sa confirmation ou infirmation, de ce que je déduis qu’elle vit est un préalable au travail d’accompagnement à ce sujet, de mon point de vue. Les traits du visage, mots employés, attitudes et postures corporelles sont très en lien avec notre éducation, notre environnement et la culture dans laquelle nous avons grandi ou à laquelle nous nous rattachons.

L’ expression des émotions – la dissonance-

Il n’est pas rare de constater des dissonances, un écart ou non-concordance entre le perceptible ( attitudes corporelles, regards, expressions du visage) et l’interprétation ( sens, liens que je peux présupposer). Dans ce type de situation, je préfère demander clairement à la personne d’essayer d’identifier ce qu’elle vit, plutôt que de faire des suppositions hasardeuses et souvent erronées. Si la personne n’est pas en capacité de faire ces liens, je peux essayer de faire des propositions. Elle seule est en mesure de m’indiquer la justesse ou non de ma proposition.

L’ expression des émotions – l’absence –

De la même façon, certaines personnes ne laissent rien paraître physiquement. C’est assez troublant et nous renvoie probablement à notre conscience de la finitude. Dès lors, nous nous laissons à penser toutes sortes d’hypothèses. Toutefois, ce n’est pas parce que la personne ne laisse rien percevoir, qu’elle ne ressent rien.

La questionner au sujet de ses ressentis peut-être une étape. Est-elle en mesure de les identifier et les nommer ? Ressent-elle une sensation corporelle, tension, chaleur, picotement, …? Est elle en mesure de faire des liens entre cette sensation et ce qu’elle vit. De ce coté, il peut y avoir une piste pour une personne qui peine à identifier ses émotions. Peut être sera-t-il plus aisée pour elle d’identifier ses ressentis corporels puis dans un second temps, de les retraduire en émotions.

Cette cartographie est longue et minutieuse, elle est singulière et non figée, elle peut évoluer en fonction des événements, de l’environnement, de l’âge…

L’ expression des émotions – le débordement-

Dans une situation inverse, nous pouvons rencontrer des personnes où l’expression des émotions peut sembler exacerbée. Spectateurs interrogatifs, nous pouvons avoir l’impression que ces personnes théâtralisent, fréquemment nous pouvons entendre d’elles « qu’elles en font trop, qu’elles font du cinéma, ce n’est pas possible, elles surjouent ». Par ces propos, nous venons par là même interroger la véracité de leurs émotions.

Une émotion est vécue, en cela elle est réelle.

Son existence, sa véracité et son intensité ne peuvent être questionnées, remises en cause ou niées. Seule la forme de son expression peut éventuellement l’être, si elle est identifiée comme inadaptée à une situation par la personne qui la traverse.

Il peut être opportun d’amener la personne à établir un lien graduel ou non entre l’expression de cette émotion et l’intensité du ressenti, peut-être y a t-il là un corollaire ?

L’expression des émotions demeure complexe à tout âge. Il n’y a pas d’âge pour s’inviter à créer une grille de lecture de ses émotions. Cette grille peut permettre par la suite de désamorcer certaines situations anxiogènes ou de non-compréhension. Elle offre l’opportunité de dépasser certaines impasses ou sensations de confusion dans le vécu interne. N’hésitez-pas à vous inspirer de l’existants ou certains illustrés à destination des enfants, ils sont riches en apprentissages.

A bientôt, Mathilde.

Cette photo de verres soufflés exprime ce que sont les émotions pour moi : colorées, en perpétuel mouvement, distinctes et difficiles à saisir pour qui les observe.