« Fuck you ! », cette souveraine colère

La colère est cette émotion vive, puissante, destructrice de ce qui n’a plus lieu d’être. Elle vient signifier à la personne qui le vit que quelque chose de profond a été touché, est dépassé.

La colère est une émotion libératrice, qui offre la possibilité de recouvrer son énergie vitale, ses facultés et son alignement. Elle utilise toute l’énergie disponible en soi et se sert de l’énergie autour de soi. La colère non traversée d’une personne, peut créer une usurpation, un transfert d’énergie vitale d’une personne à une autre.

Nombres de situation ou malgré-soi, nous nous retrouvons vidé de notre propre énergie, nous avons perdu notre joie, notre axe, notre alignement d’avec qui nous sommes. Il est alors possible que notre propre énergie ait été utilisée pour servir l’autre, lui offrir davantage d’énergie disponible afin de libérer des blocages et transmuter cette énergie au service de ce réalignement. Nous nous laissons alors influencer et configurer par les besoins de l’autre avec ou sans conscience de ce que désirons pour nous-mêmes.

La personne en colère par conséquent, en quête de réalignement, cherche simplement à libérer l’énergie bloquée afin de retrouver de l’espace en elle, de la légèreté et de la fluidité dans l’énergie de vie qui circule. Les enfants en bas-âge savent pleinement traverser cette émotion de colère avant de se conformer et contraindre aux attentes parentales, sociétales, culturelles et environnementales implicites. La colère peut effrayer de par sa puissance. Sa durée est en lien à son intensité. De nombreuses personnes sont en colère sans jamais traverser pleinement cette émotion.

La colère est un des mouvements de la vie qui circule en soi, elle est là, elle existe.

C’est une émotion de l’âme, qui s’inscrit dans le corps. La peau prend une coloration rouge ou plus foncée par l’augmentation de la pression artérielle, le cœur s’accélère, les muscles se contractent ( bras, visage..) la respiration se fait plus intense, plus profonde et plus sonore. La colère crée une grande tension dans le corps, elle stoppe le raisonnement et est alimentée par des pensées.

La colère n’est pas une expression mentale, avec analyse et raison ou par l’utilisation d’un langage élaboré et constructif « j’ai été en colère car…, je suis en colère car tu …. » Cette expression n’est pas l’émotion de colère, elle peut être la retranscription après coup de cette émotion ou encore, des projections ou suppositions extérieures à soi, d’un sentiment intérieur.

La colère est un état. Elle est de soi à soi, dans un système de valeurs, croyances et limitations propres à chaque individu. Elle se présente pour exprimer un blocage, un inconfort profond de l’être où dans une situation antérieure, il y a eu empreinte, inscription d’une profonde blessure.

La colère s’exprime par le mouvement et la voix et mobilise entièrement le corps.

Une personne qui traverse la colère est dans la phase ultime avant de retrouver son alignement, son équilibre, son axe. La tristesse, le désespoir ou la frustration en sont beaucoup plus éloignées.

Rester bloquer dans sa colère, la taire, passer outre, alimentent l’illusion qu’elle trouvera une autre issue. A contrario, vivre sa colère sans violence, avec puissance est un outil précieux de réalignement et éventuellement de désillusion puissante avec soi ( conditionnements, croyances, blocages).

La colère n’a pas besoin d’un autre pour être traversée néanmoins, elle émerge souvent lors d’interactions où l’affect est touché. Pour les personnes présentes ou témoins, pour celles qui accueillent ou reçoivent, peut être êtes-vous objets de projections ou qualifiées de déclencheurs, respirez, accueilliez, ne fuyez pas. Ainsi, la personne se sent entendue dans ce qu’elle traverse, elle se réconcilie avec elle-même et avec cette émotion souvent évitée de par sa crainte de tout détruire, en projection de l’Autre, elle-même. Vous n’avez pas la responsabilité de cette émotion et encore moins de l’épargner ou sauver l’Autre.

La colère est une émotion de soi à soi.